Glossaire





Il s’agit de la définition des principaux concepts que j’emploie dans mes différents écrits philosophiques ; certains ont été crées par François Laruelle, à l'origine de la pensée non-philosophique, d’autres sont ma propre création. J’ai pu parfois modifier soit l’écriture, soit l’acception de certains termes laruelliens, en général dans l’optique soit d’en préciser le sens, soit d’en élargir le champ, notamment pour qu’ils déploient leur intensité dans le domaine plus particulier de la philosophie politique.

Monde ou Pensée-Monde (adj. mondain(e) : mixte ou mélange de la réalité du monde et de la philosophie, superposition et détermination réciproque de l’un sur l’autre, formant cercle. 
Le Monde se compose notamment des structures institutionnelles des différents types de pouvoirs exercés sur l'humain, issues d'une pensée de l'homme et de la réalité à partir du rapport sujet/objet prépondérant dans la philosophie occidentale moderne.

Réel, Un ou identité radicale : immanence radicale, inaccessible à une quelconque connaissance rationnelle, déterminant unilatéralement notre réalité du Monde. Le Réel est de toujours déjà là, ouvert à notre découverte, à notre Reconnaissance au travers d'une expérience abolissant le rapport sujet/objet.

Un-stand : littéralement, ce qui se tient (ou persévère) au cœur de l’Un. Évoque la continuité au-delà du discontinu, la possibilité de la permanence au-delà de l'impermanence, dans une radicale ouverture au possible, et ce sans aucune contradiction. 
C'est la répétition à chaque instant de l’ouverture à un potentiel d’être qui n’est pas encore connu, expérimenté. A ce titre, il peut être considéré comme essence / chance radicale du vivant. Il est aussi le nom d'une posture hérétique radicale dans la mesure où il rompt avec le traditionnel rapport au temps dicté par le Monde.

Vision-en-Un : capacité de l’esprit qui n’est plus de l’ordre de la pensée logocentrique (en ce sens Vision s’oppose à réflexion, spéculation), à partir de la détermination unilatérale de notre identité radicale, de notre humanéité, ou pour parler plus poétiquement, de son rayonnement.  

Humain, Humanéité : l’identité radicale de l’homme, son cœur le plus humain, son noyau - tandis que l’humanité ne concerne que sa compréhension, son existence mondaine. C’est le nom de la détermination-en-dernière-identité des rapports de l’homme-sujet (versant philosophique) et de l'Étranger (versant non-philosophique), les déterminant radicalement et unilatéralement sans retour possible.

Étranger (Sujet-Existant-Etranger chez Laruelle) : l’homme tel que vu-en-Un, à partir de son identité radicale, son humanéité ; c’est la part inconnue du sujet philosophique, étrangère au Monde. Sur le plan plus particulier de la philosophie politique, il prend le nom de Rebelle ou d'Hérétique ; sur le plan esthétique ou plus largement créatif, il est l’Un-spiré.

Eros : inconscient radical ou conscience universelle, force bienveillante, ouverture à l'identité, souffle créateur, condition de possibilité de l’Un-spiré et source de sa Joie.

Force (de) : Puissance (d’) Être ou Être-en-Puissance, à partir de notre humanéité. Ce qui rend possible le –vers de l’Uni(s)-vers.

Comm-Unauté :  nom de l’expérience collective concrète expérimentée par les Étrangers à partir de la découverte de leur uni(s)-versalité. Elle n’a pas d’acception clanique ou sectaire mais décrit simplement une possibilité d’être collective, donnée à partir du Réel-Un et de sa Vision, non fondée sur la Décision ou la Donation arbitraire d'un Monde institutionalisé mais sur la découverte du Réel.

Uni(s)vers ou UniSvers : écrit uni-vers chez Laruelle, il décrit l’ouverture à l’Un. En choisissant de modifier ainsi son écriture, nous entendons lui donner une autre portée, déployant le terme sur une acception à la fois collective (expérience partagée de l’Un, par les Étrangers, qui rend possible leur compréhension mutuelle et un certain élan des uns vers les autres) et dynamique (marche individuelle et collective vers l’Un, consistant en une posture de l’esprit rompant avec la pensée philosophique logocentrique – cette posture est la Vision-en-Un).